Venu de Tombouctou au Mali il y a 6 mois, ce vendredi 20 décembre 2019, il a enfin pu rejoindre Bamako et puis Abidjan. C’est avec beaucoup d’appréhension qu’Ibrahima Dicko s’était engagé sur cette route jonchée d’énormes difficultés dues aux extrémistes musulmans.

Beaucoup de ses amis avaient perdu la vie en essayant de rejoindre Bamako. Mais rien ne pouvait l’arrêter, il avait pris sa décision car son village était souvent visité par les rebelles qui lui avaient volés chèvres et moutons.Marié à 22 ans à sa cousine Mariam, son bétail était un cadeau de ses beaux-parents. Le jeune homme n’avait pas hésité à épouser la jeune fille qui était la risée des enfants du village à cause d’une cécité de naissance.
Mariam avait été enlevée comme d’autres filles de son village, avant d’être retrouvée morte deux semaines après. Ibrahima dit qu’il lui a fallu beaucoup de courage pour remonter la pente. Il a été chanceux au cours de son périple en passant par Mopti, Gao, puis Ségou la ville de son enfance.

De gentilles personnes lui ont permis d’arriver jusqu’à la frontière ivoirienne sans embûches, où il rencontre certains de ses compatriotes, et même ceux de sa région. Il reste 1 mois à Ouangolo où il exerce le métier de puisatier.
Mais Son rêve est de rallier Yamoussoukro où son frère est chargeur dans une société de transport. Cela fait 5 mois qu’il a retrouvé Souleymane Dicko et il est heureux. Il dit être nostalgique de Tombouctou et ses mosquées, qu’il espère retrouver un jour inchallah. Pour le moment il vend tous les jours des oignons et des pommes de terre à domicile. « Je gagne 5000 F de bénéfice par jour, bien plus que ce que je gagnais au Mali »( 292 mots)