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HADJ BETTAHAR, PRESIDENT DE LA WBC MUAYTHAI AFRIQUE

mercredi 16 juin 2021 08:44

Vous êtes… ?
Je suis Hadj Bettahar, né en Algérie. Je vis en France. J’ai vécu pendant 20 ans en Thaïlande. J’ai travaillé avec les plus grands promoteurs et je suis devenu l’ambassadeur de la WBC Muaythai qui est une filière de la WBC boxe anglaise. Au début, je m’occupais de la WBC MuayThai Europe. Etant africain et ayant constaté que notre continent n’était pas mis en avant, je me suis dit pourquoi ne pas prendre l’initiative de le mettre en avant. Lors de la convention WBC boxe anglaise, tenue à Kiev en 2018, j’ai rencontré le général Kovid Bhakdibhumi, le président de la WBC Muay Thay mondiale. Nous avons échangé. Je lui ai exprimé ma volonté de m’occuper de l’Afrique. Il m’a donné son accord et sa bénédiction. Je m’occupe de la WBC Muaythai africa et Middle-Est. (Dubaï, Bahreïn, Qatar …)

Quelles sont vos rapports avec l’organisation « 225 fight show » ?
Oly est un garçon que j’ai rencontré dans les organisations autres que la WBC. Nous sommes restés en contact et il a voulu professionnaliser le Mauythai en Afrique. Faire connaitre cette boxe dans son pays la Côte d’ivoire. Il a donc demandé à boxer pour la WBC Muaythai parce qu’elle est reconnue mondialement malgré tout ce que certaines personnes prétendent. Si vous tapez sur le net vous verrez la “Green Belt” WBC. Personne dans le monde de la boxe ne devrait dire qu’elle ne la connait pas.

 Patrick ATLAN qui organisait des galas de boxe anglaise en France et en côte d’ivoire, aujourd’hui, représentant de la WBC en Côte d’Ivoire a décidé de prendre en main Oly dit Oly la machine. Avec lui, nous avons démarré un premier combat qui est le championnat d’Afrique. Cela s’est bien passé pour Oly la machine. Certains diront que ça s’est passé rapidement, mais que voulez-vous ? L’adversité, c’est comme ça. Il faut se mettre à l’évidence que la boxe, c’est la loi du ring. Il a gagné. D’autres diront qu’en face, c’était une pomme de terre …Vous serez toujours décrié mais bon, il a remporté son championnat d’Afrique. Patrick Atlan a décidé de l’emmener vers le titre mondial.

Pour le titre mondial, il y a deux étapes. Il faut passer par le championnat intercontinental.  Ce qui implique qu’il faut être parmi les 10 premier pour prétendre au titre intercontinental. Oly est classé numéro 3 et quand vous êtes numéro trois vous pouvez boxer jusqu’au 20e. Patrick et Oly disent pourquoi aller jusqu’au 20e ? On est bon ! On va prendre à partir du 10e. Et puis avec cette pandémie de Covid 19 certains ne peuvent pas voyager donc le classement n’est pas évident. L’adversaire d’Oly est français. Il lui est plus facile de venir en Côte d’Ivoire. Il n’a pas été choisi à cause de son rang inférieur. Dans tous les cas, Oly peut prendre n’importe qui en ce moment.

Techniquement et professionnellement parlant, Oly est numéro 3, Patrick Lisieki est numéro 10. Il n’est pas numéro 15. Il est numéro 10. Ils auraient même pu faire un titre mondial.

Atlan, Oly et moi-même n’avons pas voulu bruler les étapes. Pas tout de suite un championnat du monde. Titre intercontinental d’abord. Chaque étape pour que ce soit claire et net. Il a à faire toutes les étapes. Championnat d’Afrique, il va lui falloir ce titre intercontinental ; si tout se passe bien pourquoi pas le titre mondial ? C’est le but ! Voilà l’histoire du 1, 3, 9, 10. Oly numéro 3 boxe, le numéro 10 qui a été numéro 3 au dernier championnat d’Europe à Paris, qui a un bon palmarès, un des meilleurs français, 120 kg, 1.90, bon technicien, beau à voir. C’est un bon combattant. Ça va être aussi la vérité du ring.

Quelles sont les exigences sur le plan technique au niveau des infrastructures pour que vous acceptiez qu’un combat se tienne en Côte d’Ivoire, à Abidjan ?
Il aurait fallu qu’il y ait une filière WBC Muaythai et puisqu’il y en a une ici, reconnue, représentée par Monsieur Patrick Atlan, Ya aucune raison que ça ne se fasse pas à Abidjan.

Parlons de l’organisation pratique …. Sur le ring
En boxe thaï, pour un combat, pour un titre en WBC Muaythai, il faut que le combat se fasse en 5 rounds de 3 minutes avec 1 minute 30 de repos. Que les deux boxeurs aient un short de boxe Thai. Que les deux boxeurs mettent le monkoy, que les deux boxeurs fassent le wai khun (la danse rituelle). La musique pendant le combat. Après, vous pouvez faire le combat ou vous voulez à partir du moment où vous êtes dans les règles. En toutes saisons et en tout lieu, le combat peut se tenir.

Est-ce que vous avez déjà eu des accidents graves lors d’un combat. Un accident ayant couté la vie à un combattant comme c’est déjà arrivé à la boxe anglaise ?
Je n’ai jamais vécu cela. Le boxeur Thaï est toujours suivi par un médecin. Le médecin délivre un certificat médical. Avant de monter sur le ring, un médecin vérifie qu’il est apte à combattre et si ce n’est pas le cas le combattant ne monte pas.

La boxe Thai, ce n’est pas comme le football. Personne ne viendra vous prendre par-derrière et donner un coup. Vous savez que si vous montez sur un ring, c’est pour prendre des coups et en donner. Vous êtes déjà armé pour bloquer et remettre. Vous avez l’adversaire en face de vous. Vous savez qu’il va donner un coup. Vous bloquez, vous esquivez et vous remettez.

Jusqu’où ne faut-il pas aller ?
Quand le boxeur ne peut plus répondre, il y a l’arbitre c’est le seul à pouvoir stopper le combat. Il est plus proche. Il y a une formation des arbitres juste avant l’événement.

Il y a aussi le superviseur aussi qui est là pour arrêter. Si on constate qu’il y a un boxeur qui prend des coups et qui ne répond plus, STOP. On compte une fois, on compte jusqu’à 8. L’arbitre parle et lui demande” est-ce que tu peux reprendre le combat ? ” Il doit voir dans ses yeux dans quel état il est, est-ce qu’il est apte à repartir ? Quand il ne peut pas repartir, on arrête.      

La même prudence qu’en boxe anglaise…
C’est la même chose. Le boxeur vous dira toujours “Oui je peux ». C’est la fierté. Le coach dira, oui mon boxeur peut parce qu’il y voit son intérêt. Le seul intérêt c’est celui du boxeur. La première chose qui prime, c’est la sécurité du boxeur. Care and Save the fighter. Protéger le boxeur quoi qu’il arrive. Quoi qu’il arrive, c’est l’arbitre et le superviseur qui doivent protéger le boxeur. On est là pour protéger le boxeur. On n’est pas là pour qu’il gagne. S’il perd, il gagnera la prochaine fois. L’homme le plus important, c’est l’arbitre. On ne peut pas mettre n’importe qui au milieu du ring entre les combattants. Ceux qui jugent sont en bas du ring, ils jugent en âme et conscience, mais c’est l’arbitre et le superviseur qui ont la main. Si le superviseur voit que l’arbitre n’est pas à la hauteur, il l’arrête. Il y a toujours un rool meeting avant le combat. On met en garde les personnes qui vont juger le combat.

Monsieur l’arbitre si vous voyez qu’il y a quelque chose qui ne va pas et que boxeur est en difficulté n’hésitez pas. Il n’y aura personne qui vous reprochera d’avoir arrêté le combat très tôt. On vous reprochera de l’avoir arrêté trop tard. L’arbitre n’est pas là pour choisir qui va gagner ou pas, mais plutôt qui peut continuer ou pas. C’est la table qui décide qui gagne. L’arbitre surveille si tout se passe dans les règles : pied poing, genoux, pas coup à terre, pas de coup involontaire, pas de sale coup.

On pratique le Muaythai à partir de quel âge ?
En moyenne, à partir de 5 ans. 5 ans, 6 ans…C’est le bon âge avec casque, protection tibia… Pas de coup à la tête jusqu’à un certain âge…Je crois jusqu’en cadet et junior. Certains combats ont été arrêtés parce que l’adversaire n’avait pas le niveau.

A quel stade situez-vous le Muaythai au niveau mondial ?
C’est le sport stand up numéro 1 au niveau mondial. En Muaythai vous avez les five weapon. Les 5 armes : poing, coude genoux, balayage et saisie ce que vous n’avez pas dans une autre discipline pied et poing.

Vous visez les jeux olympiques ?
Je préfère ne pas en parler.

Vous avez des fédérations de Muaythai dans combien de pays ?
Plusieurs fédérations avec des niveaux d’évolution différents. Tout le monde va en Thaïlande pour se perfectionner, mais je dis que si vous avez de bons entraineurs, vous n’avez pas besoin de partir. Il faut faire venir la Thaïlande à vous. C’est plus facile de faire venir une personne pour 100 que de faire partir 100 pour une personne.

Vous pensez qu’Oly pourrait servir de locomotive ?
Il est déjà la locomotive. Il est très bien éduqué, très bonne personne pas médisante. Il met toujours son sport en avant, son pays dont il est fier. Il ne parle jamais de lui. Il aurait pu partir hors de chez lui et gagner énormément de l’argent, mais il est resté pour apporter son savoir aux jeunes après lui. Il avance pour son pays. Il travaille pour passer le flambeau. Il a fait le chemin, il faut une trace et il prépare le chemin pour ceux qui vont le suivre.

Qu’est-ce que vous attendez de « 225 fight show ? »
J’attends que cette organisation soit reconnue à sa juste valeur.

Interview réalisée par Alfred Taho, contributeur PepeSoupe à Cocody.

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