En 2018, l’abattoir de Port-Bouët, principal abattoir de la Côte d’Ivoire, a subi une rénovation majeure après un investissement colossal de 18 milliards de francs CFA. L’objectif était de créer des conditions optimales pour l’abattage du bétail, assurant ainsi aux Ivoiriens une consommation de viande sûre, sans risque de maladies ou d’infections. Ce projet ambitieux offrait un centre d’abattage moderne, capable de traiter plus de 600 bêtes par jour, faisant rêver plus d’un.
Pourtant, à peine quatre ans après cette importante rénovation, l’abattoir de Port-Bouët se trouve dans un état d’insalubrité catastrophique. Une visite effectuée le 18 mai à 14h nous donne un aperçu de sa déchéance. Les animaux errent dans la boue et les déchets, tandis que d’autres, entassés dans des enclos trop petits, peinent à se déplacer. Notre tentative de visite du centre d’abattage est également vaine, car l’accès nous est refusé.
Comment un investissement aussi considérable a-t-il pu conduire à un tel état de délabrement en si peu de temps ? Nous avons tenté de comprendre en interrogeant l’administration, mais nous nous sommes heurtés à des difficultés. On nous a demandé d’attendre le directeur qui était en réunion avec le ministre de tutelle. Malheureusement, il nous a été impossible d’obtenir un contact téléphonique, car la ligne était supposément dérangée. La secrétaire nous a promis de nous rappeler, mais nous sommes partis de la zone après 17h sans avoir reçu aucun appel.
Cette détérioration de l’abattoir de Port-Bouët est préoccupante à plusieurs égards. Non seulement elle met en danger la santé publique en compromettant les normes d’hygiène et de sécurité alimentaire, mais elle représente également un gaspillage considérable de ressources et d’investissements. Les raisons précises de cet état d’insalubrité demeurent floues, mais il est impératif que les autorités prennent des mesures urgentes pour remédier à la situation.
Bainguié Jean-François, contributeur Pepesoupe à Yopougon.